Syndrome du vrai croyant : caractéristiques et traitement

Le terme « vrai croyant » sert à désigner une personne qui est inébranlable dans sa foi, bien que celle-ci s’enracine dans une idée fausse ou sur une vérité trompeuse. Le vrai croyant n’accepte pas facilement les idées des autres qui visent à le convaincre ou qui l’incitent à croire à quelque chose tentant par son caractère vraisemblable. Il s’agit d’une personne qui est allée trop loin dans sa foi qu’elle devient comme un paranoïaque. Toute vérité autre que celle à laquelle elle croit n’est pas pour elle une vérité. L’explication de cette forme inhabituelle de croyance pourrait être trouvée dans l’intensification du mouvement sceptique contemporain qui gravite autour de l’imaginaire, de la science-fiction, de l’irrationnel ou du surnaturel. Le vrai croyant est infirme dans son système cognitif, car son esprit se voit obnubilé par une idée ou une chose qu’une personne lui en a fait accroire. C’est du constat de cette force irrationnelle, ou à vrai dire de ce trouble cognitif, que le terme syndrome du vrai croyant est probablement né. Le vrai croyant persiste à croire en des évènements ou pouvoirs paranormaux en dépit de preuves contraires.

Le syndrome du vrai croyant et le spiritualisme

Émerveillé par les réalisations ou par l’opinion de quelqu’un à l’exemple d’un prestidigitateur ou d’un médium, le vrai croyant continue de croire en celui-ci en dépit de déclaration de fraude ou d’une révélation de la supercherie. Il trouve la justification de sa cause dans le fait que personne ne peut donner des preuves absolues sur la fausseté ou l’inexistence du fait particulier en lequel il croit. Il croit de manière ferme et militante en ce qu’il croit être vrai, et ne fait cas d’aucun argument qui ne va pas dans son sens.

Le syndrome du vrai croyant profite à l’auteur des manœuvres frauduleuses dans la mesure où la personne qui en souffre se laisse facilement berner. M. Lamar Keene, qui est à la fois un médium et un psychanalyste de renom en Amérique dans les années 60 et 70, a fait voir dans son livre intitulé « Psychic Mafia » les dessous du spiritualisme. Les différentes techniques frauduleuses y sont montrées. Keene y a fait confession de sa mauvaise foi durant sa fonction de médium ou de canalisateur. Il ne fait durant le spiritisme que profiter du désespoir des gens et de l’absence de preuve contraire pour les canaliser à croire en la fraude. Le vrai croyant a plus de chance d’être leurré qu’un sceptique. Ce dernier affiche de la réserve ou une méfiance souvent outrée tandis que le vrai croyant croit même l’incroyable.

Les caractéristiques de ce type de syndrome

La première chose qu’il faut souligner au sujet du syndrome du vrai croyant c’est qu’il ne s’agit pas ici d’une foi directement liée à une religion quelconque comme le catholicisme ou le christianisme, comme l’expression pourrait laisser penser. La spécificité de ce syndrome est dans le fait que la personne qui en est atteinte continue de croire à une chose qu’elle reconnaît vraie bien que la véracité en a fait l’objet d’un déni, d’un aveu ou d’un démenti.

Le syndrome du vrai croyant ne serait établi que si la croyance irrationnelle de la personne porte sur des phénomènes paranormaux. Il peut s’agir, parmi les plus connus, de la mystification, de l’univers des extraterrestres ou de l’Ancien Monde des dinosaures. Ce syndrome peut être également lié à une croyance inconditionnelle portant sur la prestidigitation ou sur les pouvoirs paranormaux. Il se manifeste par un refus systématique de tous contre-arguments ou de toutes affirmations hypothétiques venant d’une autre personne.

Certains auteurs utilisent les termes « imperméabilité » et « dissonance cognitive » pour désigner ce refus. Il s’agit en quelque sorte d’une opiniâtreté ou d’un attachement obstiné à la réalité des évènements miraculeux qui ne sont en fait que des faits non vérifiés, des manœuvres frauduleuses, ou bien un produit d’une pure imagination. Le syndrome du vrai croyant puise sa force dans l’effet de vérité illusoire ou dans la croyance aveugle malgré une déclaration de fausseté, de fraude ou d’imposture.

Le syndrome du vrai croyant et quelques notions voisines

Le scepticisme et le fanatisme pourraient avoir un lien avec le syndrome du vrai croyant. Une personne sceptique met en doute toute idée ou tout argument ou même les vérités établies par les gens. Le sceptique est différent du vrai croyant en ce que le premier doute tandis que le deuxième croit.

Le fanatisme porté à l’extrême pourrait également favoriser le syndrome du vrai croyant. En effet, le fanatique ne cherche avec excès de zèle qu’à faire triompher sa cause ou ses idéaux. L’admiration excessive que le fanatique éprouve à l’égard d’une personne, ainsi que le fait pour lui de copier une personne pourrait l’amener à croire facilement ou de manière aveugle en tout ce que celle-ci fait ou dit. De même, l’exaltation excessive pourrait être source de dérives psycho comportementales.

La superstition est une croyance irraisonnée qui prête à des choses ou à des êtres vivants des pouvoirs surnaturels ou un caractère sacré.  La croyance dans le cadre de la superstition et la croyance du vrai croyant n’ont pas le même fondement. La première est fondée sur la peur tandis que la deuxième porte sur la véracité d’une chose paranormale.

Le traitement de ce mal-être

Le traitement de ce syndrome n’est pas évident. L’emploi du terme « maladie » paraît abusif dans ce propos, car il est question de croyance et de conviction personnelle. La personne qui souffre du syndrome du vrai croyant est saine d’esprit. C’est juste qu’elle s’accroche à croire à une chose dont la vérité est ouvertement niée ou à une manœuvre frauduleuse dont la fraude est dévoilée. C’est cette persistance ou cette opiniâtreté malgré des contre-arguments qui a permis de penser que la personne souffre réellement d’un trouble cognitif. Le recours à un psychanalyste paraît alors indispensable afin d’aider le vrai croyant à retrouver le sens commun par rapport à sa croyance. La psychothérapie pourrait constituer un moyen puissant pour se libérer de l’obstination.

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