Cleptomanie : c’est quoi ? Ses symptômes et son traitement

Si certaines personnes se mettent à voler pour des raisons spécifiques (par nécessiter ou par besoin), d’autres en revanche s’adonnent à des petits larcins simplement pour assouvir une impulsion. La cleptomanie est un trouble psychologique qui peut toucher aussi bien les hommes que les femmes. Selon les statistiques, près de 0,5 % de la population est affecté par cette maladie, mais de quoi s’agit-il vraiment et comment la soigner ?

La cleptomanie par définition

La cleptomanie se présente comme une pulsion incoercible qui pousse un individu à dérober un objet quelconque dont il n’a pas nécessairement l’utilité. C’est un comportement qui pousse un individu au vol sans que cette action ait de réels motifs économiques. Bien souvent, le cleptomane est influencé par une impulsion qui le pousse spontanément à s’approprier des choses sans grande valeur. En d’autres termes, ses actions sont tout bonnement régies par ses impulsions. La cleptomanie peut aussi être définie comme une obsession comportementale qui ne peut être soulagée que par l’acte de dérober un objet.

Avant de commettre le vol, le cleptomane est animé par une certaine tension, voire même une grande excitation, qu’il lui est impossible de contrôler. Ensuite, une fois qu’il a accompli son méfait, il ressent une certaine jouissance et entre dans un état de plaisir, voire même de soulagement. Selon les experts, c’est surtout la volonté et le besoin de ressentir cette excitation accompagnant l’acte qui motive avant tout le cleptomane. Celui-ci n’utilisera d’ailleurs jamais les objets qu’il a dérobés.

D’une certaine manière, le fonctionnement de la cleptomanie est plus ou moins similaire à celui d’un trouble obsessionnel compulsif. Cette maladie est même classée comme étant un trouble du contrôle des impulsions dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM 5).

D’après les statistiques, les hommes sont moins touchés par cette tare contrairement aux femmes. C’est une pathologie mentale qui se développe souvent au moment de l’adolescence. L’une de ses principales caractéristiques réside dans le fait que les objets dérobés ne serviront pas au cleptomane. Ce dernier peut éventuellement se mettre à les collectionner, mais dans certains cas, d’autres cleptomanes offrent les objets qu’ils ont dérobés tandis que certains préfèrent les jeter directement après avoir commis le vol.

Les causes et les symptômes

Les éléments déclencheurs de la cleptomanie peuvent varier d’un individu à l’autre. Il s’avère que ce trouble obsessionnel peut potentiellement être provoqué par un état dépressif ou encore par un désordre affectif. Dans certains cas, le sujet peut ne plus supporter sa cleptomanie sur le plan social. Cela peut dangereusement le pousser à avoir des tendances suicidaires. Quoi qu’il en soit, il est crucial de diagnostiquer rapidement ce trouble de manière à mieux orienter le sujet vers un traitement et une prise en charge adaptés.

Il est évidemment nécessaire de s’assurer dans un premier temps que l’individu concerné n’est pas un voleur classique avant d’établir un diagnostic. De la même manière, il est indispensable d’écarter tout autre problème tel qu’une forme de rébellion ou une manifestation maniaque se rapportant plutôt à un trouble bipolaire. Pour ce faire, le psychothérapeute peut s’appuyer sur quelques éléments. Le sujet peut par exemple présenter une faible estime de soi ou des frustrations refoulées. Il est également possible qu’il ait des antécédents d’ordre psycho-traumatiques.

D’autre part, les symptômes ci-après peuvent aider à déceler une tendance cleptomane chez un individu :

  • Une tension grandissante juste avant de commettre le délit.
  • Une incapacité à contrôler l’impulsion de s’approprier un objet.
  • Un fort soulagement et une gratification au moment du vol et parfois même un sentiment intense de plaisir une fois avoir commis le méfait.
  • Un vol qui n’est motivé ni par la vengeance ni par la colère.
  • Un vol commis sans réelle nécessité.

La cleptomanie est surtout animée par des émotions qui peuvent varier selon les cleptomanes. Elle peut aussi être impulsive ou organisée. Dans la majorité des cas, les objets dérobés tiennent dans des poches, mais il arrive que certains cleptomanes motivés par des sensations plus intenses volent au su et au vu de tous, des objets plus volumineux. Et enfin, d’autres préfèrent effectuer leurs actes en cachette.

Il est toutefois important de souligner que dans de rares cas, la cleptomanie peut être liée à des facteurs d’ordre génétiques.

Quels sont les traitements ?

Un cleptomane n’est jamais conscient de ses actes. En multipliant ses méfaits, son but est surtout d’assouvir un besoin compulsif qu’il est incapable de contrôler. De ce fait, il ne considère pas ses vols comme étant un crime jusqu’au jour où il finit par se faire prendre. C’est souvent lorsque le cleptomane est interpelé qu’il prend conscience de la gravité de ses actes. À ce moment, il ressent un sentiment de culpabilité et de détresse. C’est souvent l’interpellation qui pousse le cleptomane à se remettre en cause et à mettre un nom sur sa maladie.

Pour traiter la cleptomanie, un accompagnement thérapeutique est souvent préconisé. Ce type de prise en charge vise à aider le patient à déceler les véritables origines de son trouble. Le psychothérapeute l’assistera tout au long de sa remise en question en cherchant avec lui les blessures intérieures ou souffrances qui auraient pu le conduire à la cleptomanie.

Une médiation de pleine conscience se prête généralement bien à un travail de gestion de l’impulsivité. À cela s’ajoutent des thérapies cognitivo-comportementales durant lesquelles le patient apprend à supplanter ses impulsions par des comportements ou des pensées alternatives. Des mises en situation peuvent également être proposées par le thérapeute et pendant lesquelles celui-ci accompagne le patient par exemple dans des magasins ou des espaces publics. Le but est d’inciter le sujet à mieux contrôler ses pulsions en choisissant des objets quelconques, à les tenir en main avant de les reposer ou de passer à la caisse pour les payer.

Le fait est que l’évolution de la cleptomanie chez un individu n’est pas toujours favorable. En effet, on constate de nombreux cas de rechutes et cela en dépit des condamnations dont les sujets peuvent faire l’objet. D’autre part, les thérapies engagées peuvent parfois s’avérer inopérantes sur certains cleptomanes.

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