CATTP : C’est quoi ? Quels rôles ?

Les troubles d’ordre psychologiques pouvant entraîner un individu à s’isoler ne se résolvent pas uniquement à l’aide de traitements médicaux. Parfois, il est nécessaire de donner aux personnes présentant ce type de trouble une occasion pour se sociabiliser. La socialisation, la réintégration sociale et le gain d’autonomie sont justement les objectifs d’un CATTP.

Qu’est-ce qu’un CATTP ?

Un CATTP ou Centre d’Accueil Thérpeutiques à Temps Partiel est un lieu de soin à mi-chemin entre un hôpital du jour (HDJ) et un centre médico-psychologique (CMP). Il permet de bénéficier d’un accompagnement en cours de journée sans la nécessité de se faire hospitaliser. Tout comme un CMP, un CATTP est rattaché au service public. Les frais liés à l’utilisation de ce dispositif sont par conséquent pris en charge par les services sociaux.

Généralement, les CATTP sont conseillés pour les enfants ayant des problèmes relationnels. Il peut par exemple s’agir de difficultés de communication, d’un manque d’estime en soi, etc. Grâce à un CATTP, un enfant a la possibilité de continuer à suivre une scolarisation normale. Il doit simplement adapter son emploi du temps scolaire à celui du CATTP qu’il fréquente.

Les adultes ayant des troubles psychologiques peuvent aussi être redirigés vers ce type d’établissement. Pour intégrer un CATTP, il faudra toutefois l’accord d’un médecin. Selon la région où vous habitez, il peut être plus ou moins facile de trouver un CATTP de proximité.

Les CATTP se différencient des CMP et hôpitaux de jour de différentes manières. Un hôpital de jour est une alternative à une hospitalisation complète. Dans un HDJ, un patient suit un traitement et un suivi personnalisé. Des ateliers peuvent aussi être proposés dans un HDJ ainsi que des groupes de parole.

Le CATTP est une unité du HDJ dont la prise en charge se limite à la participation à des activités thérapeutique. Un CMP est quant à lui, un lieu de consultation utile pour les patients ayant besoin d’un suivi sans la nécessité d’être hospitalisés. Chaque zone géographique dispose d’un CMP qui lui est attaché. Le CMP que vous pouvez consulter dépend ainsi du lieu où vous habitez.

Et enfin, il convient de distinguer le CATTP des CMPP (Centres Medico Psycho Pédagogiques). Ce type d’établissement se destine surtout aux enfants et adolescents de moins de 20 ans. Il offre des services à mi-chemin entre médico-social et psychiatrie. Tout comme les CATTP, un CMPP se compose d’une équipe pluridisciplinaire et son financement est pris en charge par la sécurité sociale.

Les spécialistes opérant dans ce type de structure

Contrairement à un établissement médical, un CATTP ne délivre pas de soin. C’est un lieu qui favorise l’interaction entre les patients et l’écoute en vue de faciliter leur insertion ou leur réadaptation sociale. Le fait de fréquenter un CATTP ne permet pas forcément de se passer d’un suivi médical. Pour atteindre ses objectifs, un CATTP utilise une approche pluridisciplinaire faisant intervenir différents professionnels aux compétences variées.

Les équipes qui opèrent dans ce genre d’établissement peuvent se composer de psychologues, de thérapeutes, d’éducateurs, des infirmières, etc. Un médecin peut aussi être présent dans l’équipe, mais son rôle ne sera pas de prescrire des soins. Il effectuera un simple encadrement. Chaque semaine, des réunions sont effectuées afin de permettre aux équipes de faire le point sur chaque patient en vue d’améliorer leur méthode de travail.

L’intégration dans un CATTP

Lorsqu’un patient est orienté vers un CATTP, il effectue d’abord un entretien avec l’équipe ou le médecin de l’équipe. Le patient sera alors évalué afin de savoir si l’établissement lui convient réellement. Si c’est le cas, un contrat sera instauré, mais celui-ci ne stipulera aucune obligation de soin.

Une fois admis dans un CATTP, le patient devra suivre certaines règles de vie qui sont souvent assez souples. Il peut ainsi s’engager dans les activités de ses choix et devra faire de son mieux pour respecter ses engagements. Même si le CATTP est gratuit, une participation financière venant du patient peut être très appréciée puisque certaines activités peuvent avoir un coût important.

Contrairement à un CMP, la durée de consultation d’un CATTP n’a pas de véritable limite. Cette durée dépendra surtout des objectifs que les usagers souhaitent atteindre. Durant la période où le patient fréquente le CATTP, un dossier de soin à son sujet peut être établi. Des évaluations seront aussi effectuées afin d’améliorer la prise en charge du patient. L’efficacité de l’accompagnement de ce dernier peut être déterminée de différentes manières. Certains établissements notent par exemple l’évolution du QI, l’évolution des troubles psychiatriques, la capacité à se retenir (pour le cas des enfants violents), etc.

Un patient présentant de nettes améliorations sera de plus en plus autonome. La durée de sa prise en charge peut ainsi diminuer au fil du temps. Par exemple, un patient peut avoir besoin d’un accompagnement sur 3 jours par semaine lorsqu’il commence à fréquenter le CATTP. Ensuite, lorsque son état s’améliore, l’accompagnement peut être réduit à 1 heure par semaine.

Comment un CATTP aide-t-il ses usagers ?

Les CATTP fonctionnent simplement en proposant des activités thérapeutiques variées souvent basées sur la pratique d’activités artistiques. Ainsi, ces activités sont souvent la peinture ou le dessin, la musique, la vidéo ou des ateliers d’expressions corporelles. Selon l’établissement, il peut aussi y avoir des activités plus variées telles que le jardinage, la lecture, etc.

Parfois, des activités extérieures sont proposées afin d’encourager la socialisation. Ce peut être de simples promenades, la visite d’un musée ou d’une exposition, etc. Elles permettent aux patients de prendre connaissance de ce qu’est la vie sociale et d’y prendre goût. Ce type d’activité permet aussi d’éviter les rechutes pouvant causer un fort isolement ou même une hospitalisation.

Grâce à ces nombreuses activités proposées par les CATTP, les patients apprennent progressivement à établir des liens sociaux et à quitter progressivement l’isolement. Ils apprennent aussi à mieux organiser leurs journées même s’ils ne sont pas forcément pris en charge tous les jours. C’est une manière d’inciter les patients à gagner en autonomie.

Puisque les personnes fréquentant ces établissements ont à peu près les mêmes difficultés, leur rapprochement est moins difficile. Grâce aux activités favorisant la communication et l’écoute, elles apprennent à se rapprocher les unes des autres. Et enfin, en développant des talents dans certaines activités, elles regagnent leur confiance en soi.

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