Syndrome du sauveur : c’est quoi ? Comment s’en libérer ?

Vous avez certainement déjà rencontré une personne extrêmement généreuse et gentille qui veut toujours aider les autres. Sauver celui ou celle qui se trouve dans le besoin est un acte louable. Cependant, lorsque le désir d’aider prend l’aspect d’une véritable obsession, on peut se demander si toute cette générosité et les gestes qui en découlent ne dissimuleraient pas quelque chose. Il se pourrait bien que la personne soit atteinte du syndrome du sauveur. De quoi s’agit-il ? Quels en sont les causes et les symptômes ? Comment en guérir ? Retrouvez les réponses détaillées dans cet article.

Qu’entend-on par syndrome du sauveur ?

Le syndrome du sauveur est un trouble psychologique non répertorié parmi les pathologies. Il fait ressentir à une personne un besoin perpétuel d’aider les autres, quelles que soient les situations. Pour se soulager de ce désir, cette personne recherche constamment des gens dans la détresse. Elle fait tout ce qu’elle peut, souvent avec de grands sacrifices, pour les secourir. Elle choisit des individus rencontrant des difficultés financières ou psychiques, des malades ou ceux qui sont sous l’emprise d’une addiction. Le sauveur part sur la base d’un besoin de sécurité de ces personnes et se donne corps et âme à eux. Il priorise leurs besoins avant les siens.

En général, ceux qui exercent des métiers bienveillants comme les soins psychiatriques ou médicaux, ou bien ceux qui côtoient des personnes toxicomanes sont susceptibles de développer ce trait de personnalité. La plupart du temps, lorsqu’ils agissent, ils déploient des efforts démesurés à tel point qu’à la longue, ils se fatiguent.

Pourquoi le sauveur agit-il ainsi ?

Une personne atteinte du syndrome du sauveur raisonne comme suit : « Sauver ou soutenir les autres est un acte noble ». Elle croit qu’aider constamment les nécessiteux sans rien attendre en retour lui confère automatiquement le statut de bonne personne et lui rend plus aimable ou davantage meilleur dans la société. Pourtant, qu’ils soient basés sur des intentions pures ou non, ces actions ne trouvent pas toujours leur utilité auprès des personnes concernées. D’une manière générale, quelqu’un qu’on aide n’assume pas la responsabilité de ce qu’il fait à tel point qu’il ne parvient pas à générer assez de motivation en lui. De ce fait, les changements, qu’ils soient bons ou mauvais, ne sont que passagères.

Quels troubles retrouve-t-on chez un sauveur ?

Le syndrome du sauveur résulte d’une mauvaise opinion que la personne atteinte a d’elle-même depuis son enfance. Le trouble peut provenir de difficultés que ces parents ont dû faire face et dont il en a eu conscience malgré son jeune âge. Ce peut également être une séparation douloureuse, un abandon, des problèmes relationnels ou un deuil non fait. Ces évènements ont pu blesser la personne émotionnellement et ont façonné le sauveur qu’il est devenu. Le manque de reconnaissance de la part de son entourage ou de ses proches déclenche un fort sentiment d’inutilité chez lui. Cela peut même provoquer des troubles plus graves comme l’isolement, l’état dépressif, la déception, et même la haine.

Si le trouble du sauveur se manifeste dans son couple, la relation amoureuse a tendance à pencher de son côté, car il cherche en permanence l’admiration de sa moitié et devient dépendant affectivement de lui ou d’elle. Dans les cas extrêmes, le sauveur peut exercer une forme de manipulation perverse vis-à-vis de la personne qu’il aide. Il peut indirectement détruire celle-ci, puis il se positionne en tant que premier acteur dans sa reconstruction. En d’autres termes, il tient à la fois le rôle du bourreau et celui du héros. La personne aidée a intérêt à s’éloigner du sauveur, car de toute évidence, la relation est toxique.

D’un autre côté, s’autodiagnostiquer atteint du syndrome du sauveur reste compliqué. En effet, ce trouble n’est pas associé à une maladie propre, sauf en cas de déprime du sauveur. Dans la plupart des cas, de dernier refuse l’aide d’un psychologue à cause de son narcissisme. En général, les personnes aidées lui signalent la modification de comportement désobligeant. S’il n’est pas trop centré sur son égo, le sauveur acceptera de consulter afin de changer d’attitude.

Y a-t-il plusieurs types de sauveurs ?

À ce jour, on connait trois types de personnes développant le syndrome du sauveur. Tout d’abord, il y a le sauveur abimé. Il cherche tout le temps l’amour, l’admiration et la reconnaissance des autres. Ces éléments lui permettent d’entretenir son image et de rehausser l’opinion qu’il se fait de lui-même. Ils l’aident à se remettre de ses blessures passées.

Ensuite, il y a le sauveur empathique. Dans son couple, ce dernier fait tout ce qu’il peut pour réduire l’écart entre lui et sa moitié. Il ne supporte pas que l’autre lui surpasse ou réussisse trop, car il craint d’être abandonné ou devenir inutile.

Enfin, il y a le sauveur terrorisant. Il cherche à étendre une emprise physique sur son compagnon ou sa compagne moyennant le sexe ou l’aspect émotionnel de la relation (jalousie maladive, domination, etc.). En réalité, il recèle une peur de l’abandon qu’il ne veut pas dévoiler.

Comment guérit-on du syndrome du sauveur ?

Pour guérir du syndrome du sauveur, la personne atteinte doit réaliser que son envie d’aider les autres ne provient pas seulement d’une grande générosité. Pour ce faire, il convient de consulter un psychologue. Ce dernier peut aider le sauveur à prendre conscience de son trouble et en déterminer l’origine exacte. Il fouille dans le passé afin de déterminer les types attachements liant le sauveur à ses proches (parents, frères et sœurs, tuteurs, etc.). Une fois les causes du syndrome déterminé, le psychologue aide le sauveur à réaliser une introspection. Même si certains aspects du trouble ne guériront pas, il est possible de supprimer des modes de fonctionnement à caractère perverse ou associés à l’autosabotage. Le sauveur n’est pas obligé de cesser son aide aux autres, mais il doit éviter de se mettre dans des situations malsaines pour son bien et pour celui des personnes qu’il aide. Ainsi, n’étant plus accusé par les regards de son entourage, le sauveur peut s’affirmer plus librement. Il devient une personne plus honnête envers les autres et surtout envers lui-même.

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