Syndrome de Diogène : symptômes et solutions

Le syndrome de Diogène est un genre de trouble comportemental dont la description s’avère complexe. Les personnes atteintes n’ont pas les mêmes profils. Le point commun entre ces individus à problème, c’est qu’ils ne veulent pas se faire aider par quelqu’un d’autre. Le réflexe systématique d’accumuler des choses de toutes sortes à la maison devient un mode de vie chez la personne qui vit sous l’emprise de ce syndrome. La première étude de ce trouble menée par deux psychiatres anglais sur 72 personnes âgées remonte à l’année 1966. La première description de ce trouble du comportement complexe a été faite en 1975 par un gériatre de la ville de Brighton en Angleterre, le Dr. Clark. Ce spécialiste a avancé l’idée selon laquelle le syndrome de Diogène n’est pas une pathologie, mais un ensemble de symptômes qui peut être lié à une maladie. Il se caractérise par une accumulation ou thésaurisation pathologique ou encore syllogomanie, une négligence de l’hygiène ainsi qu’un isolement. La personne atteinte de ce syndrome veut à tout prix garder tous ses biens dans sa loge. Les objets sont accumulés immodérément au point de remplir toutes les pièces de la maison.

Les caractéristiques du syndrome de Diogène

L’appellation syndrome de Diogène vient de la référence faite à un philosophe grec du IVe siècle av. J.-C nommé Diogène de Sinope. Il était persuadé par une vie naturelle et simple différente de la civilisation grecque. Il menait une vie en dehors des règles de vie en société. En quelque sorte, il vivait en vagabondage ou encore une vie hors normes. Il a préféré vivre dehors en toute liberté, mais dans le dénuement, dans la précarité et habitait dans une jarre renversée.  Ces conditions l’ont corrompues et lui ont fait perdre le sens moral.

Une personne atteinte du syndrome de Diogène néglige l’hygiène de son corps et de son logement. Elle est encline à accumuler des objets hétéroclites dont elle ne veut pas se séparer. Étant dans le déni, la personne ne se rend pas compte qu’elle est en proie à des troubles mentaux en préférant vivre dans des conditions de vie tant insalubres que négligées. De fait, elle n’a pas honte de son état. L’isolement social et le refus d’aide extérieure deviennent ses principes de vie. Elle se représente une culture autre que celle qui est héritée ou issue de la convention sociale. Un trouble de la personnalité, qui se traduit par une attitude distante et par une tendance à déformer la réalité, s’ajoute à tout cela.

Le syndrome de Diogène et les personnes à risque

Ce sont surtout les personnes avancées en âge, généralement des femmes de 70 à 80 ans, qui sont en prise à ce trouble du comportement. La volonté de vivre seules ou l’isolement dans lequel ces personnes se trouvent après la mort de leur conjoint ou d’une personne qu’elles tiennent à cœur pleinement nourrit les troubles de leur comportement.

Le manque de moyens financiers ou le fait d’envier les biens des autres peut également être à l’origine du désir incontrôlé d’accumuler le plus possible des biens matériels.

L’effet de l’âge fait apparaître des traits de personnalité communs à bon nombre de patients présentant les symptômes du syndrome de Diogène. Ce syndrome fait de ce fait partie de la catégorie des troubles mentaux ou des maladies neuropsychiques. Trois éléments distinctifs sont toujours présents quand on parle de ce trouble. Il s’agit de :

  • la négligence de l’hygiène corporelle et domestique,
  • l’accumulation immodérée d’objets ou syllogomanie
  • ainsi que la vie isolée ou l’isolement social.

Le Docteur Jean-Claude Monfort, spécialiste français en la matière, résume en une phrase le principe de vie commun de toute personne présentant le syndrome : un « Diogène » a besoin de tout, mais ne demande jamais rien.

Les symptômes de ce type de trouble du comportement

Les symptômes du syndrome de Diogène sont difficiles à repérer. Ils sont variables selon les cas. Ce qui est hors de doute c’est que la personne atteinte de ce trouble comportemental préfère vivre en solitaire ou à l’écart de la contrainte sociale. Se considérant être dans la misère, la seule chose qui la motive est le fait d’accumuler des objets de toutes sortes dont chacun a pour elle une valeur.

Les spécialistes utilisent le terme syllogomanie pour désigner cette accumulation excessive. La personne victime de ce syndrome ne trouve aucun intérêt de prendre soin d’elle-même. Le fait d’entretenir ou de ranger sa maison n’a plus aucune importance pour elle. Elle est présidée par un sentiment un peu vague d’être menacée par la pauvreté ou par la pensée qui n’est pas forcément juste de vivre dans la misère. Ce qui la pousse à faire autant que possible de l’économie pour faire face à la vie à venir.

Les objets accumulés, dont la plupart ne servent pas à grand-chose, encombrent son logement au point de ne laisser aucun espace libre. De ce fait, l’entretien ou le rangement est inexistant. Howard Hughes et Paul Léautaud figurent parmi les personnes présentant les signes du syndrome de Diogène. Ils illustrent bien la manifestation de ce trouble.

Les solutions en cas de constatation du syndrome

Comme tout autre trouble, le syndrome de Diogène peut être traité ou évité. Un traitement combiné est possible. Mais avant toute chose, la situation des personnes à risque qui éveillent les soupçons mérite d’être détectée ou décelée à temps. Si le cas est confirmé, les troubles feront l’objet d’une étude particulière.

La personne atteinte sera admise dans un hôpital spécialisé ou dans un centre de soins gériatriques où elle recevra un traitement bioclinique et un traitement paramédical de réadaptation en sus du soutien psychosocial. Des mesures préventives et de protection sociale pourraient être prises en faveur du patient afin qu’il ne retombe pas dans ses conditions de vie antérieures.

Pour certains cas, il peut être nécessaire de traiter bien à part d’éventuels troubles mentaux ou psychologiques associés au syndrome de Diogène tels que le délire chronique ou l’état dépressif. Selon le cas, le patient fera l’objet d’une prise en charge dans une institution sociale ou d’un suivi régulier à domicile. Certains services sanitaires et sociaux particuliers peuvent également être assurés par des spécialistes ou des professionnels.

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