Baby-blues : définition, causes et conséquences

Les malaises relatifs à la grossesse ne se terminent pas forcément à l’accouchement. Certaines femmes montrent des symptômes tels que l’insomnie, la perte d’appétit et les sauts d’humeurs après avoir accouché. Mais pourquoi ces symptômes de dépression apparaissent maintenant que vous tenez déjà votre bébé dans vos bras ? Sont-ils annonciateurs d’une dépression permanente ou simplement passagère ? Quelles sont les différences entre cette sensation et la dépression post-partum proprement dite ? Le syndrome du baby-blues est un trouble psychologique que nous essaierons de connaitre un peu mieux dans ces quelques lignes.

Qu’est-ce que le baby-blues ?

C’est un trouble de l’humeur que les femmes subissent et qui se manifeste quelques jours après l’accouchement. Il est également appelé « syndrome du 3e  jour ». Généralement, le baby-blues est un trouble léger qui ne présente aucun danger émotionnel pour la mère. C’est aussi un problème psychologique qui est passager.

Il est le résultat d’un trouble hormonal déclenché par l’accouchement. Les trois jours post-partum se montrent comme une période de transition pour les hormones. Les hormones de grossesses disparaissent et les hormones de l’allaitement (ocytocine et prolactine) augmentent en grande quantité.

De plus, la nouvelle mère est victime d’un bouleversement psychologique. Elle a souvent peur de devenir une mauvaise mère. S’ajoute à cela la sensation de « ventre vide », maintenant que bébé n’y est plus.

Presque 60 % des femmes sont touchées par le baby-blues. Elles deviennent si hypersensibles que leurs comportements frôlent la dépression. La plupart d’entre elles souffrent de sauts d’humeurs, d’autres pleurent sans une raison apparente.

Le baby- blues peut apparaître suite à une première grossesse. Cela dit, il peut se répéter après un second accouchement. À la différence de la dépression post-partum, le baby-blues n’est pas une maladie. C’est juste un état dépressif passager et sans gravité.

Quelles sont les causes du baby-blues ?

De nos jours, les chercheurs ont déjà identifié presque toutes les causes du baby-blues.

La fatigue

On sait tous que l’accouchement a consommé une grande quantité de votre énergie. Depuis les contractions jusqu’aux poussées, votre corps n’a jamais cessé de brûler de l’énergie. De plus, les réveils inattendus et fréquents de bébé nuisent à votre sommeil. Cela ne vous permet pas de vous reposer et d’avoir un sommeil réparateur. C’est l’un des facteurs qui mènent vers la dépression passagère qui est le baby-blues.

Le bouleversement hormonal

La progestérone est abondante pendant les neuf mois de grossesse. Mais à la suite de l’expulsion du placenta, son taux chute brusquement. Peu de temps après, les hormones qui favorisent la production du lait apparaissent en grande quantité et l’organisme de la femme doit subir ce changement radical.

Ce bouleversement hormonal a une répercussion sur le moral. Il engendre l’insomnie et le saut d’humeur qui cause le baby-blues.

La sensation de déception

Pendant la grossesse, la femme se sent importante et forte. C’est normal, car elle porte une vie en elle et elle sait qu’elle a le pouvoir de faire apparaître cette vie qu’elle aime tant. Seulement, suite à l’accouchement, elle se sent moins valeureuse étant donné qu’elle a maintenant le ventre vide. S’ajoute à cela le fait de prendre quelques kilos de plus et une morphologie qui change complètement.

Puis, elle s’attend à un bébé tout mignon et très facile à vivre. Mais ce n’est pas toujours le cas, du moins, pas la première semaine ou même le premier mois. Un nouveau-né a la peau fripée et il ne cesse de hurler jour et nuit. On ne s’attend pas à cela. Mais le pire, c’est qu’on ne peut pas dire tout haut ce que l’on pense, car on va nous juger d’être une mère indigne. Et là, la nouvelle mère se culpabilise et vit sa déception toute seule.

Les autres paramètres à considérer

À part l’hormone, la fatigue et la déception, il existe d’autres paramètres qui déclenchent le baby-blues :

  • Certaines femmes sont plus à risques de vivre un baby-blues. Dans la plupart des cas, le baby-blues est héréditaire chez ces femmes. Sa mère, sa tante ou sa sœur l’a déjà peut-être vécu avant elle.
  • Les grossesses difficiles mènent aussi à un baby-blues suite à l’accouchement. De même, celles qui ont vécu la procréation médicalement assistée ou PMA sont plus sujettes à la dépression passagère post-partum.
  • La solitude est aussi un facteur qui déclenche le baby-blues. Les femmes qui restent seules plus de 8 heures par jour avec leurs bébés risquent de subir une dépression plus sévère.
  • La fragilité psychologique liée à un deuil, une perte d’emploi durant la grossesse ou une querelle familiale peut aussi mener à un baby-blues.

Quels sont les signes annonciateurs d’un baby-blues ?

Les symptômes du baby-blues sont de l’ordre psychologique. Ils varient d’une femme à une autre. Mais en général, la nouvelle mère ressent une tristesse inexpliquée dans les trois ou quatre jours après l’accouchement.

Les symptômes les plus courants sont :

  • L’irritabilité
  • La peur
  • La culpabilité
  • Le sentiment de ne pas être à la hauteur
  • La mélancolie
  • Les sauts d’humeurs
  • L’insomnie
  • La perte d’appétit
  • La difficulté à se concentrer

Parmi ces symptômes, l’hypersensibilité est le plus révélatrice d’un baby-blues. La moindre contrariété suffit à déstabiliser la nouvelle mère. Et même un compliment sincère risque de provoquer une crise de larmes. De ce fait, elle perd le contrôle de ses émotions, elle s’en rend compte et se sent toute ridicule.

Quels sont les traitements du baby-blues ?

Le baby-blues n’est pas une pathologie. De ce fait, il ne nécessite pas de traitements médicamenteux spécifiques. Les symptômes s’estompent naturellement. Toutefois, la jeune maman doit se reposer. Plus importante encore, elle doit parler de ce qu’elle ressent à ses proches ou à un psychologue.

Quelles sont les différences entre baby-blues et dépression post-partum ?

Le baby-blues est temporaire, il disparaît dans les deux semaines après l’accouchement au maximum. Quant à la dépression post-partum, elle est plus grave et nécessite un suivi médical et psychologique. Elle risque de se prolonger en fonction de la fragilité psychologique de la femme. De plus, la dépression post-partum se manifeste par un état clinique plus sévère. La femme peut ressentir une immense culpabilité et une perte quasi-totale de la confiance en soi. Cela nécessite une prise en charge pour ne pas aboutir à un suicide.

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