Éducation non sexiste : comment y arriver ?

Selon le HCE ou le Haut Conseil en Égalité, le sexisme est l’idéologie qui se repose sur le principe de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes. Cette inégalité est flagrante dans les secteurs professionnels, mais aussi dans la vie quotidienne. L’éducation des enfants, surtout de garçons constitue une bonne solution pour remédier à tant d’inégalité. On parle d’éducation non sexiste, mais comment y arriver ?

Le changement commence en vous

L’éducation non sexiste passe mieux à travers un bon exemple. Avant d’éduquer vos enfants sur comment bâtir un monde juste, il faut d’abord que vous vous montriez exemplaire.

En tant que parents, commencez par identifier les injustices dont vous êtes victimes. Partez de ces constatations pour appuyer votre argument envers vos enfants. Plus important encore, reconnaissez les injustices que vous pouvez commettre. Le début d’une éducation non sexiste pour vos enfants doit être la fin de votre mentalité négative. Enseigner une valeur qu’on ne respecte même pas n’aboutira jamais à changement.

Votre premier sujet de réflexion consiste à se poser des questions sur les rôles des femmes et des hommes. Qu’est-ce qu’on attend de vous en tant que père, mère, fille, garçon ? Souvenez-vous que ces rôles ont été créés et attribuées par la société. Cela ne signifie pas forcément qu’elles sont justes et équitables. Osez briser les constructions sociales qui empiètent sur la justice. Toutefois, il faut se montrer persuasif et rationnel. Ce n’est pas facile d’exposer une telle réflexion, surtout aux yeux de la société d’aujourd’hui.

Le second sujet de réflexion consiste à accepter que l’être humain doit vivre en toute liberté. Homme ou femme, on est tous libre de se construire et de s’épanouir.

Favorisez l’égalité des tâches

En leur plus jeune âge, votre enfant apprend mieux en regardant qu’en écoutant. Cela a un bon et un mauvais côté. C’est bénéfique pour leur enseigner quelque chose d’importante, car il vous suffit de réaliser une action, et il imite involontairement. C’est aussi dangereux, car il peut adopter facilement vos mauvaises pratiques rien qu’en observant.

Ainsi, dire à votre fille et à votre garçon que les femmes et les hommes doivent accomplir les mêmes taches est loin d’être suffisant. Cela sonnera juste comme une belle parole si vous n’agissez pas en parallèle.

Au lieu de dire à votre fils que la vaisselle n’est pas que pour les femmes, il suffit que papa débarrasse la table avec maman. Au lieu d’enseigner à votre garçon que le ménage n’est pas que pour les filles, papa peut juste nettoyer avec lui. Le principe de l’éducation non sexiste, c’est d’agir au lieu de parler pour démontrer ce qui est juste.

L’éducation non sexiste exige que vous transgressiez certaines règles. Il n’est pas  question  de commettre des actes illicites, mais de changer la mentalité. Aucune règle ne dicte que la vaisselle est une tache féminine et que le jardinage est attribué aux hommes. Montrez à vos enfants que son père s’implique en cuisine et que sa mère est capable de déplacer des meubles.

Apprenez à vos garçons à s’occuper d’eux-mêmes

Encore des clichés qu’il faut bannir : la propreté et le style au niveau vestimentaire sont réservés aux filles. Le fait de prendre soin de son corps et de son espace personnel (chambre, salle de bain) ne concerne que les filles. C’est une différence qui a été cultivée par la société, car rien de tout cela n’est naturel. Fille ou garçon peut s’habiller chic et stylé, et surtout propre.

Ces clichés engendrent des déformations comportementales qu’il faut corriger de manière précoce. Les filles deviennent plus autonomes et plus matures. Quant aux garçons, ils requièrent souvent de l’assistance pour accomplir ne serait-ce qu’une petite chose. Les clichés deviennent une habitude de vie.

Une telle habitude devient un caractère chez un homme adulte. Il l’emmène jusque dans son foyer et s’y réfère pour éduquer son enfant. Dans un tel foyer, toutes les tâches ménagères sont attribuées à la femme. L’homme est considéré comme un être supérieur.

L’éducation non sexiste consiste à briser cette mentalité. Apprenez à votre garçon à s’occuper de lui-même. Incitez-le à ranger ses affaires, à faire son lit, à nettoyer ce qu’il venait de salir. Et même au-delà de cela, apprenez-lui à prendre soin des autres, surtout de sa sœur s’il en a une. C’est ainsi qu’il comprendra que l’homme n’est jamais au-dessus du cycle de la vie familiale.

Prenez le temps de discuter  avec vos enfants

Le fait de discuter avec vos enfants vous permet de connaître leurs points de vue. À travers la discussion, ils parlent de leurs vécus, de leurs ressentis. Mieux encore, ils expriment leurs avis sur le contexte dans lequel ils vivent. Quand ils s’ouvrent à vous, l’occasion se présente pour corriger les idées erronées et pour transmettre des propos qui contrent le sexisme.

Une telle discussion vous permet de présenter à vos enfants l’aspect du monde dans lequel ils vivent. N’hésitez pas à parler ouvertement des discriminations qui règnent. C’est le seul moyen pour les aider à prendre conscience de la réalité.

Élargissez le sujet de conversation pour que vous puissiez les conscientiser. Toutefois, restez clair et concis pour qu’ils puissent bien comprendre ce que vous avancez. Ne prenez pas d’exemple trop compliqué, mais incitez-les à se focaliser sur ce qui les entoure : l’école, la famille, les églises…

Le but de la conversation, c’est d’éveiller leurs consciences sur des sujets concernant le sexisme. Posez-leur des questions sur la place des filles à l’école, dans les films, à la maison. Le but est de forger un autre raisonnement qui n’est pas trop borné. Il faut qu’ils puissent créer une meilleure société qui ne partagera pas la même idéologie que celle d’aujourd’hui ou d’hier.

L’éducation non sexiste façonne un avenir plus juste et plus sécuritaire, surtout pour les femmes. C’est un long parcours qui commence dès l’enfance. Et le premier lieu d’éducation n’est pas l’école, mais la famille. Toutes les bonnes valeurs doivent provenir des parents, pas seulement de leurs dires, mais surtout de leurs actions.

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